De la croissance au développement

Chapitre 1 - De la croissance au développement

I- La croissance : un phénomène quantitatif

1. définitions:

La croissance est l’augmentation soutenue sur une longue période des quantités de biens et services produits ds un pays.

On parle d’expansion lors d’une forte croissance du PIB durant une courte période.

La récession est une baisse temporaire de la production de biens et services.

La dépression est une baisse sur le long terme de la quantité de biens et services produite.

Lorsque le taux de croissance est positif mais moins élevé que l’année précédente, on parle d’un ralentissement de la croissance économique.

2. Comment mesurer la croissance ?

La croissance économique peut être mesurée par le PIB/hab. ou le revenu national/hab.

PIB/hab. ≈ revenu national/hab.

Revenu national: PIB/hab. + revenu des entreprises françaises à l’étranger – revenus des entreprises étrangères implantés en France.

PIB: agrégat économique qui représente l'ensemble des richesses produites par les entreprises et les administrations sur un territoire donné pour une année. Cela correspond à la somme des valeurs ajoutées.

Lorsque le PIB/hab. augmente, le revenu/hab. augmente également.

niveau de vie: indicateur quantitatif, se mesure par le PIB par habitant (= revenu par habitant), correspond au pouvoir d'achat.

pouvoir d’achat: quantité de biens et services qu'un ménage peut se procurer avec son revenu

mode de vie: indicateur qualitatif qui renseigne sur la façon de vivre des individus et la façon dont ils répartissent leur revenu.

constante de la demande: FBCF + investissement des entreprises et des ménages + investissements publics + exportation + consommation finale.

3. Deux siècles de croissance.

L’économiste américain Rostow (1916-2003) a décrit les différentes étapes de la croissance. Il va essayer d’établir un schéma linéaire de l’économie:

de 1945 à 1973: période des 30 Glorieuses (Fourastié) basé sur des nouveaux systèmes de production (OST) qui ont permis une production de masse et une consommation de masse. croissance, régulation fordiste. (taux de croissance entre 5 et 8% par an)

en 1973: 1er choc pétrolier ( inflation forte ≈ 13% par an) fin du modèle fordiste, changement en matière de demande qui explique que le modèle de production est obsolète. Ouverture des marchés internationaux.

en 1975: taux de croissance négatif.

depuis 1975: taux de croissance modéré (de 1 à 3%). On parle de « croissance molle » ou d’ »atonie de la croissance ». La croissance dépend en grande partie de l’extérieur. L’économie est très mondialisée.

en 1970: en France, l’inflation était extrêmement forte. Augmentation du pris des matières premières comme le pétrole a entrainé un recours massif au crédit bancaire. L’inflation commence réellement a diminué à partir de la fin 82. Au cours des années 80, l’inflation n’est plus un problème.

en 1981: Mitterrand arrive au pouvoir avec un programme de gauche et décide de soutenir fortement la consommation des ménages, les salaires à travers l’augmentation du SMIC. Cette politique de relance a été menée par le 1er ministre Mauroy. La banque de France enregistrait une baisse du taux d’intérêt nominal mais les français se sont tournés vers les produits étrangers.

Augmentation du SMIC  augmentation importante des coûts salariaux  augmentation

des coûts de production

Augmentation du SMIC  augmentation du coût des matières premières (pétrole)

Augmentation du taux d’inflation  augmentation de la masse monétaire

Augmentation des prix

 

L’inflation est autour de 13% en 1981. La hausse de la consommation profite à l’extérieure. Dès 1979, rigueur chez nos partenaires commerciaux. Conséquence de la politique de relance: inflation, chômage en augmentation, déficit extérieurs (croissance molle).

mi 82 : changement de gouvernement, nouveau 1er ministre: Delors.

Pour lutter contre l’inflation, mise en place d’une « politique de désinflation compétitive », qui se base sur la rigueur.

Augmentation des taux d’intérêts baisse de la masse monétaire diminution de l’inflation.

On parle de « gel des salaires »: le partage de la valeur ajoutée devient plus favorable aux entreprises. Conséquence: entre 82 et 86: baisse de 10 points de l’inflation

Depuis 1999, c’est la banque centrale européenne qui dirige le contrôle de l’inflation.

Limite: augmentation du chômage

4. Les limites du PIB comme indicateur.

En 1968, Kennedy dénonçait la comptabilisation du PIB (mesure quantitative): « En un mot, le PIB mesure tout sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ». Le rapport Stiglitz remet également en cause cet indicateur.

Malthus est le 1er économiste à définir le PIB au XVIIIème s. « ensemble de richesses matérielles produites ». Acte très civilisateur.

La Révolution industrielle ainsi que les 30 Glorieuses ont contribué au progrès économique et sociale donc il n’y a eu aucune remise en cause du PIB au cours de cette période.

Mais depuis 1960, il semble que le PIB ne soit plus un bon indicateur car:

 On ne comptabilise que ce qui est produit dans la sphère marchande et monétaire (exclus: le travail bénévole représentant 1million d’emploi + le travail domestique + les travaux aux noirs...) (l’éco souterraine représente pourtant 4% du PIB en France).

 On ne déduit du PIB ce qu’on détruit en produisant (ex: forêt amazonienne: on détruit le patrimoine pour faire du papier). Il ne tient dc pas en compte le développement durable.

 Le PIB comptabilise de la même façon des activités qui contribuent au bien être et des actions qui réparent les dégâts causés par certaines activités (ex: les assurances pr les accidents de la route).

 Une croissance du PIB peut très bien cacher de fortes inégalités.

II- Le développement (notion nettement plus qualitative)

1. Définitions:

Le développement est la transformation des structures démographiques (dc mortalité infantile, natalité, espérance de vie), des structures économiques (urbanisation et salarisation de la population) et des structures sociales (accès à l’éducation, aux soins, égalisation des conditions de vie).

«Le développement peut être appréhendé comme un processus d’expansion des libertés réelles dont jouissent les individus. » Amartya Sen dans L’économie est une science morale.

Selon Sen pour qu’il y ait un développement il faut que des libertés élémentaires soient acquises :

- la liberté d’accéder à la nourriture, de se vêtir et de se loger = possibilité d’échapper à la pauvreté.

- l’accès aux services publics et à la protection sociale (éducation, soin, justice)

- l’accès à la démocratie: idée de souveraineté populaire = accès à la citoyenneté. C’est le meilleur système pour accéder à plus d’égalités.

2. La mesure du développement : l’IDH (Indicateur de Développement Humain)

L’IDH a été créé en 1991 par un Organisme des Nations Unies: le PNUD (Programme des Nations Unies pr le Développement)

3. Comment la croissance créée le développement ?

Croissance du PIB  augmentation du niveau de vie et recul de la pauvreté

Constat: depuis les années60, recul de la pauvreté dans le monde et augmentation du PIB/hab.

Seuil de pauvreté absolu ds le monde: vivre avec moins de 1.25$/jr.

En France, le seuil de pauvreté est lorsqu’on a 50% du revenu médian (≈300€).

Augmentation du PIB/hab.  Augmentation du revenu  recul de la pauvreté

 accès à la nourriture, aux logements,

aux vêtements...

 accès à la consommation de masse =

stade ultime de Rostow.

 Modification des modes de vie (structure de la consommation) et

des conditions de vie (ex : état sanitaire des logements)

La structure de la consommation s’étudie à travers les coefficients budgétaires. (= montant d’un poste de consommation (ex: alimentation)/ensemble des revenus consacrés à la consommation)

Le développement ne peut avoir lieu sans croissance économique.

Loi d’Engel: + le revenu est élevé, + la part consacré à l’alimentation est faible, + la part consacré à la culture, aux loisirs, à la santé est élevé.

Or, + la part consacré à la santé augmente, + l’espérance de vie augmente.

Et, + le revenu augmente, + le taux d’alphabétisation est important.

Croissance du PIB/hab.  augmentation du revenu  structure de la consommation  indicateur de développement.

Liens entre croissance, urbanisation et rôle de l’Etat:

La croissance économique qui se base sur le revenu industriel entraîne un phénomène d’urbanisation.

« L’urbanisation est synonyme de politique de santés plus efficaces. » Sylvie Brunel.

Plus la croissance économique est forte  les revenus sont élevées  l’Etat investit ds des secteurs clés  la mortalité infantile baisse  augmentation de l’espérance de vie.

« L’urbanisation a pour conséquence d’accroître la scolarisation des petites filles » Elles peuvent alors avoir accès au planning familial (contraception...).

4. La croissance est-elle soutenable à long terme: la croissance ne conduit pas toujours au développement.

Dans les pays en développement,

 Les fruits de la croissance ne st pas toujours réinvestit dans des secteurs clés (on parle d’oligarchie mafieuse).

 Les ressources ne st pas toujours également réparties. Le PIB/hab. est correcte mais de fortes inégalités se cachent derrière. Pas de système de protection sociale, pas de redistribution de revenue...

 Dans certains pays où les FTM (Firmes Transnationales) st présentes, les ressources issues des matières premières sont rapatriées vers les pays développés.

 Parfois, une croissance démographique plus forte que la croissance du PIB ne suffit pas pour que l’ensemble de la population voit son niveau de vie augmenter.

Dans les pays développés,

 Malgré un taux de croissance économique important, il y a de fortes inégalités.

Ex: aux Etats Unis, le taux de croissance augmente sans cesse et parallèlement les inégalités sont croissantes. Le système de protection sociale est résiduel (= système où les individus doivent financer eux-mêmes leur protection sociale grâce à leurs indemnités). Aux Etats-Unis, un nombre croissant de personnes n’accèdent même pas au 1er stade de développement selon Amartya Sen.

 Chercher trop de croissance et de profit peut avoir des conséquences néfastes.

Ex: la crise des Subprimes, montée de la délinquance, montée de la violence, et montée de l’insécurité

 Si le développement c’est lorsque chacun est égal (à l’excès), cela ne tue-t-il pas la croissance ?

 La recherche excessive de profit chez certains travailleurs peut conduire à des situations de stress, d’anxiété, d’augmentation de la consommation d’antidépresseurs, et même de suicides.

 Problème de la vache folle.

 Problème des OGM.

Coûts environnementaux:

 La recherche excessive de croissance entraîne de la pollution, un rejet excessif de CO2 qui a pour conséquence immédiate, l’effet de serre et la modification climatique (réchauffement planétaire..).

 Epuisement des ressources non-renouvelables (eau, pétrole,...).

 Désertification, déforestation, augmentation des réfugiés climatiques (par la montée des eaux...), pollution des sols (lié à l’excès d’utilisation d’engrais...), pollution sonore, visuelle...

5. La croissance s’accompagne d’un changement social.

Un changement social est la modification durable d’éléments de la société tel que l’organisation sociale (dans la famille, au travail...) ; les relations entre les individus (tt ce qui concerne la modification de la stratification sociale c'est-à-dire l’organisation de la société en groupes sociaux différenciés et hiérarchisés) ; et le système de valeur (ex: libéralisation des mœurs, montée de l’individualisme).

Le 1er exemple de changement social sont les relations sociales. Nous allons plus particulièrement nous intéresser à la famille.

Dans les sociétés traditionnelles, les familles étaient communautaires, vivaient dans des milieux ruraux. Il y avait une imbrication entre la sphère privée et la sphère publique. Le poids de la famille était extrêmement fort car dans la sphère privée, il y avait l’unité de production et de socialisation.

Avec la croissance économique avec l’industrialisation et l’urbanisation, les individus vont aller travailler à l’extérieur de la famille. Ce qui entraîne une réduction de la taille des familles et une nucléarisation (=émergence des familles nucléaires).

Enfin, les relations parents/enfants ont été modifiées. L’augmentation de l’autonomie de l’enfant du fait du travail des parents et de la scolarisation a entraîné selon François de Singly le passage d’une autorité parentale stricte (notion de Durkheim) à une autorité parentale négociée.

Il existe différentes approches pour définir le terme « individualisme »:

 L’approche restrictive compare l’individualisme avec l’égoïsme.

 L’approche traditionnelle fait place à un individu libre et égal.

 L’approche moderne où l’individu devient le référentiel de la société.

« Émancipation des tutelles traditionnelles » = l’individu a la liberté de choix.

Le changement social a donc été une modification des relations familiales, une augmentation de l’individualisme (valeur) et une tertiarisation de l’économie (organisation sociale).

Terciarisation de l’économie:

Les activités non-marchandes sont des activités dont l’objectif n’est pas le profit, qui ne sont pas proposées à un prix de marché et qui sont financés indirectement par la collectivité (= fonction régalienne de l’Etat: justice, police, et défense extérieure). L’objectif de ces activités est un service collectif offert quelques soient notre situation.

On constate donc une tendance à la terciarisation. A Sauvy a mis en place une thèse appelés la « thèse du déversement ».

Il va partir de l’hypothèse que le niveau de production = le niveau de la demande.

Or, on sait que: productivité du travail = niveau de production/quantité de travailleurs.

Ainsi, productivité du travail = niveau de la demande/quantité de travailleurs.

Il en conclut que: quantité de travailleurs = niveau de la demande/productivité

Le niveau de travailleurs dans chaque secteur dépend donc du niveau de la demande pour le secteur et du niveau de la productivité.

Dans les secteurs primaire et secondaire, le progrès technique (mécanisation, automatisation, nouvelles organisations du travail, nouveaux engrais...) a entraîné une augmentation de la productivité qui a entraîné une hausse des salaires nominaux mais également une baisse des prix entraînant une hausse du pouvoir d’achat.

En reprenant la loi d’Engel, on sait que plus le pouvoir d’achat augmente, plus la part du revenu consacré aux loisirs, à la culture augmente et plus la part consacré à l’alimentation diminue. Ainsi, l’augmentation de la productivité dans les secteurs primaire et secondaire a été supérieur à l’augmentation de la demande de production et a ainsi entraîné une baisse des emplois.

Dans le secteur tertiaire, l’augmentation de la demande a entraîné l’augmentation de la productivité entrainant une hausse des embauches.

Sauvy explique que les actifs du secteur primaire puis du secteur secondaire se sont déversés dans le secteur tertiaire. C’est la théorie du déversement.

Limite de cette théorie: ne prend pas en compte la qualification des individus

Ce raisonnement permet de comprendre pourquoi à court terme le progrès technique permet de détruire des emplois dans les secteurs primaires et secondaires mais aussi de créer des emplois à long terme.

III- Les sources de la croissance.

1. La croissance extensive: croissance qui provient des gains de productivité. La croissance économique peut être due à un phénomène extensif et également à un phénomène intensif.

2. La croissance intensive: croissance qui provient des gains de productivité (progrès technique = résidu).

La croissance économique peut être due à un phénomène extensif et également à un phénomène intensif.

Effet de la productivité:

- effets directs:

> Augmentat° de la productivité hausse de la valeur ajoutée augmentat° des salaires nominaux

> Augmentat° de la productivité hausse de la pdt° + diminut° des coûts de pdt° diminut° des coûts fixes unitaires diminut°des prix (grâce à l’économie d’échelle c'est-à-dire, la baisse des prix liée à la baisse des coûts fixes unitaires grâce à l’augmentation de la pdt°)

> Augmentat° de la productivité augmentat° de la valeur ajoutée hausse du profit

- effets indirects:

> Augmentation des salaires nominaux + baisse des pris augmentat° du pouvoir d’achat augmentat° de la consommat° finale augmentat° du PIB

> Augmentat° du profit augmentat° de la FBCF augmentat° du PIB

> Augmentat° du profit augmentat° des impôts sur la société augmentat° du pouvoir d’achat augmentation des investissements publics augmentat° du PIB

> Diminut° des prix augmentat° de la compétitivité augmentat° des exportat°  augmentat° du PIB

3. Le rôle des agents économiques (des entrepreneurs)

Schumpeter (1883- 1950) dans Histoire de l’analyse économique, explique le rôle de l’entrepreneur innovateur. Selon lui, pour impulser la croissance il faut que les entrepreneurs prennent des risques, et qu’ils doivent chercher à avoir une rente de monopôle.

4. Le rôle de l’Etat.

Au XVIIIème s., le rôle de l’Etat était en théorie. Dans la réalité, l’Etat intervient pour encadrer le marché, pr permettre le bon fonctionnement de l’économie de marché (ex: le droit de propriété privé)

A partir de 1945, l’Etat va véritablement intervenir dans la vie économique et sociale du pays (Etat Providence). L’Etat va être au service de la croissance.

Entre 1789 et 1845, on constate que la part des dépenses publiques dans le PIB a augmenté de 10 points. Cela signifie qu’il y a eu une forte intervention de l’Etat dans l’économie.

Les lois de Jules Ferry en 1881-1882 promulguant la gratuité de l’enseignement primaire et l’obligation de la scolarité est un des nombreux exemples de l’intervention de l’Etat dans l’économie.

5. Le rôle des valeurs

Weber (1854-1920) a voulu faire un lien entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Il va essayer de montrer en quoi les valeurs du protestantisme ont permis le développement du capitalisme. Il s’est aperçut que dans les écoles de commerce et chez les patrons de l’industrie, il y a une surreprésentation des protestants et une sous-représentation des catholiques.

Weber définit d’abord « l’esprit du capitalisme » : recherche de profit, accumulation du capital, rationalité de l’action.

Chez les calvinistes, il existe la thèse de la prédestination c'est-à-dire que l’accumulation du capital dans le travail et dans l’effort est le signe d’une élection dans une vie assétique.

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